Comment choisir ses graines ?


Quelles différences entre les différentes marques de semences ?

Il est nécessaire de réaliser que, bien souvent, acheter un sachet de semences revient à acheter un emballage avec une jolie photo. Les descriptions des variétés sont parfois succinctes, on est parfois bien loin de la description concise mais très explicite (forme, saisonnalité, usage, etc.) des catalogues d’antan.

Les variétés sont généralement décrites par des fiches techniques détaillées, qui prennent part dans les catalogues officiels. Chaque variété inscrit doit être maintenue par au moins un mainteneur qui assure le maintien (homogénéité, critères différenciants) de la variété au regard de la fiche descriptive.

Qui produit les graines ?

Les graines sont le plus souvent produites par des agriculteurs en contrat de multiplication pour les maisons semencières. Il s’agit d’une culture particulière qui rentre dans le cadre d’une activité agricole. Selon le volume de la commande et les orientations qualitatives du contrat, le mode de culture et l’attention portée à la sélection des plantes peuvent être très différents.

En général, un distingue les semences de bases, sélectionnées à petite échelle, et les semences destinées à la vente, multipliées sur des surfaces beaucoup plus grandes.

Deux souches de variétés différentes, maintenues par deux maisons semencières différentes, peuvent ainsi présenter de légères différences, car elles auront éventuellement évoluées dans des conditions et selon des modes de culture différents.

Au delà de la variété, c’est donc bien l’histoire de la graine qui importe.

Où sont produites les graines ?

Une entreprise basée dans votre région ne signifie pas que l’ensemble des semences qu’elle propose soient élevées et cultivées dans des sols locaux. Une firme peut avoir conclut des contrats avec des producteurs dans le monde entier, ou avec des négociants internationaux.

A noter qu’il suffit que la dernière génération de porte-graines soient cultivés sur une parcelle en agriculture biologique pour que les semences puissent être certifiées Bio. Cela ne garantie pas que l’histoire de la plante entre dans le cadre de cette certification, alors qu’il est désormais prouvé que la mémoire de la vie d’un être vivant se transmet sur plusieurs générations.

Il est quand même bon de savoir que certains départements (géographiques) sont dévolus à la production de semences agricoles spécifiques, et que certaines petites entreprises semencières cohérentes n’ont d’autres choix que de délocaliser, en sous-traitance, une partie de leur production à un de leur confrère (les betteraves sont par exemple réglementées dans le Lot-et-Garonne, où se situe Biaugerme).

Pourquoi éviter les sachets commerciaux “anonymes” ?

Mis à part quelques très petits producteurs artisanaux, une marque sur un sachet ne vous renseignera en rien sur l’origine de la graine. Les fusions/acquisitions ont fait rage dans ce secteur. Face au discours : « chacun son métier, laissez la semence à ceux qui savent faire. », rappelez-vous que les grainetiers ne sont parfois ni sélectionneurs, ni producteurs. Les grandes maisons semencières, même certifiées bio, commercent à l’échelle mondiale.

Le mode de fonctionnement social de l’entreprise est à considérer. Le producteur initial est-il honnêtement rétribué pour son travail ?

Conclusion

En synthèse de tout cela, les graines de laitues “4 saisons” peuvent très bien avoir été produites sous abris, au Chili, à contre-saison dans l’hémisphère sud, dans de grands champs “bio” de fermes industrielles, récoltées à la machine. Seront-elles bien adaptées à votre potager ?

Lorqu’on veut multiplier ses propres semences, il est donc préférable de s’approvisionner auprès d’artisans semenciers en agriculture biologique, si possible dans votre région.

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